Histoire Sciences Po: Les Etats-Unis et le Moyen-Orient

Le Moyen-Orient fait souvent peur aux élèves préparant l’épreuve d’histoire des concours Sciences Po. Une multitude de guerres et de noms compliqués à apprendre rebutent la plupart des candidats. Chaque année, nombre d’entre eux nous disent: « pourvu que ça ne tombe pas sur le Proche ou le Moyen-Orient ». D’abord, rassurez-vous, les tensions perpétuelles de la région ont pour l’instant toujours freiné les IEP. Depuis la mise en place du concours commun, ce n’est jamais tombé. Pour autant, toute impasse est interdite, et cette année pourrait être la bonne. Faisons le point et révisons en image.

 

Distinguez Proche et Moyen-Orient

Avant tout, un sujet nécessite une bonne définition, ainsi qu’un bornage dans le temps et dans l’espace. La plupart des candidats confondent Proche et Moyen Orient, sans d’ailleurs connaître l’origine de ces appellations. Les Américains ne font pas de distinction, confondant les deux à travers le terme de « Middle East ». En Français, pour faire simple, le Proche-Orient qualifie Israël et ses voisins. Le Moyen Orient englobe le Proche-Orient, auquel on rajoute l’Iran, la Turquie, et la péninsule arabique. Selon l’intitulé du sujet, veillez à bien différencier les deux. Si l’on vous parle de Proche-Orient et que vous traitez l’Iran, vous vous mettrez hors jeu.

 

Une terre aux enjeux multiples

Le Proche et le Moyen-Orient furent tout d’abord un enjeu majeur de la décolonisation. Suite au démantèlement de l’Empire Ottoman lors du traité de Sèvres, la plupart du territoire fut mis sous mandat des puissances victorieuses de la Grande guerre. Après le second conflit mondial, ce fut alors un enjeu de la décolonisation.

La symbolique de Jérusalem fait également du Proche-Orient un enjeu religieux. Toutefois, il ne faut pas se contenter d’y expliquer un conflit entre musulmans et juifs. En effet, sunisme et chiisme s’y opposent également. Les massacres et les persécutions récents de chrétiens nous rappellent que cette région est trois fois sainte.

 

 

La crise de Suez, en 1956, fut un tournant, susceptible d’être utilisé comme date charnière séparant deux parties ou deux sous parties dans la plupart des sujets si vous optez pour un plan chronologique. La région devint alors un enjeu majeur de la Guerre froide. La doctrine Eisenhower devint alors le pendant de la doctrine Truman pour l’Europe.

 

Demain, Israël et Palestine s’affronteront également pour l’accès à l’eau. Ce sera d’ailleurs la principale source des conflits au XXIe siècle. Après avoir été un enjeu de la décolonisation, puis de la guerre froide, l’eau et et la religion feront du Proche-Orient la cristallisation des principales tensions de leur époque.

Focus sur la politique américaine au Moyen-Orient

« Vers l’Orient compliqué, je volais avec les idées simples » (bonne accroche pour n’importe quel sujet sur ce thème, qu’en pensez-vous?). Les Etats-Unis auraient pu s’inspirer de cette réflexion du général de Gaulle. Si la puissance américaine a fait depuis 1956 de cette zone un enjeu majeur des relations internationales, le caractère messianique qu’ils accordent à leur politique étrangère ne prend pas forcément en compte la perplexité et l’histoire d’une région berceau de la civilisation et trois fois sainte. Les rapprochements avec l’Arabie Saoudite hier, les relations versatiles avec l’Iran, la politique pro israélienne, ou encore l’intervention en Irak en 2003, ne furent pas toujours réalistes, rarement pacificateurs. Dernièrement, Slate a fait un point saignant sur la politique de l’administration Obama au Moyen Orient. Un excellent documentaire, régulièrement diffusé, intitulé « Trente ans de guerre au nom de Dieu », n’épargne pas la politique de Washington, et vous donnera quelques éclaircissements supplémentaires.