sujet histoire concours IEP: la droite française sous la Ve République

les droites en France sous la Ve

Ce sujet nécessite des connaissances précises, et une bonne compréhension de la vie politique française sous la Ve République. Déjà, point d’entrée, cher à Sciences Po, il semble nécessaire de baser son analyse en partant de la typologie des droites de René Rémond. Le correcteur attend cette référence. Vos idées, vos jugements, sur tel ou tel parti, sur tel ou tel homme, demeurent proscrits. On vous demande un traitement objectif du sujet. Voici un exemple des sujets que l’on traite au sein de nos formations à Aix-en-Provence et Avignon. Afin de vous aider, le Monde a également fait une chronologie des partis de droite depuis 1947.

 

Accroche: Dans Les Droites en France, René Rémond avance la thèse selon laquelle il n’y aurait pas en France une seule droite, mais trois, issues des conflits de la Révolution française : les droites légitimiste (contre-révolutionnaire), orléaniste (libérale) et bonapartiste (césariste).

Bornage et définition: La Cinquième République structure l’évolution de la droite française depuis le 4 octobre 1958, jour de la promulgation de la Constitution et de l’entrée en vigueur des nouvelles institutions. L’élection présidentielle à deux tours et le scrutin uninominal majoritaire génèrent une bipolarisation de la vie politique propre à rassembler chaque camp autour de ses similitudes, à taire les divergences d’appréciation.

Intérêt du sujet:  Toutefois, si les dernières décennies ont partiellement invalidé la thèse de René Rémond par la quasi-disparition du légitimisme, la persistance de la fracture entre les partisans d’un Etat fort fondé sur la démocratie directe et les défenseurs d’un parlementarisme assis sur le libéralisme ne suscite aucun doute. Il n’existe pas une droite, mais deux droites tout au long de la Ve République.

Problématique: Les divisions de la droite, contraires à l’esprit des institutions, provoquent immanquablement sa défaite électorale.

Annonce de plan: L’arrivée au pouvoir du général de Gaulle se fait avec le soutien de la majorité de la droite, ce qui pousse ses successeurs à rejeter les racines de gauche de leur mouvement. La création de l’UDF entraîne son affrontement avec le parti néo-gaulliste au bénéfice de la gauche française. Avec la campagne de Maastricht, la droite retrouve une unité idéologique sanctionnée par sa réunion dans l’UMP et par son retour au pouvoir.

 

 

I La droite sous les couleurs du gaullisme (1958-1974)

 

1. La supériorité du mouvement gaulliste

 

  • De Gaulle revient au pouvoir en 1958 mais forme un gouvernement d’union.
  • Les droites le quittent rapidement : CNI sur l’Algérie, MRP sur l’Europe.
  • L’UNR puis l’UDR remportent toutes les élections sur la période.
  • Toutefois, le gaullisme s’étend aussi à gauche (participation, capitalisme, rôle de l’Etat).
  • C’est Pompidou qui l’ancre à droite par un conservatisme marqué sur la question morale.

 

 

2. Les autres droites vouées à jouer les utilités

 

  • Le centre s’affirme contre De Gaulle (Monnerville, Lecanuet) qui préside contre le Sénat.
  • L’extrême-droite est groupusculaire après l’indépendance algérienne.
  • Les Républicains indépendants, créés par V. Giscard d’Estaing en 1966, lui assurent surtout un ministère.

 

 

II La guerre des deux droites (1974-1992)

 

1. Une lutte au sein du pouvoir

 

  • La victoire de VGE en 1974 entraîne une recomposition. Le centre, que symbolise le Sénat, rallie une majorité désormais duale.
  • Le parti du président, l’UDF, confédère toute la droite non gaulliste autour d’un projet libéral et européen.
  • L’UDR trahie par J. Chirac se donne à lui pour devenir le RPR. Ce parti néo-gaulliste se fait conservateur et eurosceptique dans les années 1970 pour marquer sa différence (appel de Cochin).
  • Les deux branches de la majorité sont en conflit permanent sur fond d’ambitions présidentielles de leurs dirigeants. Le RPR critique ouvertement le gouvernement Barre et fait perdre Giscard à l’élection présidentielle de 1981.

 

 

2. Une lutte pour la reconquête du pouvoir

 

La victoire de Mitterrand en 1981 soude RPR et UDF dans l’opposition. Les deux partis se présentent souvent unis aux élections locales. Ils gouvernent ensemble pendant la cohabitation de 1986/1988 et font front commun au Parlement.

Toutefois, la lutte pour la prééminence perdure. Chacun présente son candidat aux présidentielles de 1988. J. Chirac et le RPR s’imposent comme prépondérants.

En outre, la droite traditionnelle commence à voir émerger la menace du Front national.

 

 

 

III La droite unique (depuis 1992)

 

1. L’unification idéologique de Maastricht

 

  • Le positionnement de J. Chirac en faveur du traité de Maastricht, qui déchire le RPR, marque l’estompement des divergences idéologiques entre RPR et UDF. Cette évolution est renforcée par le retour au pouvoir à l’occasion de la seconde cohabitation (1993-95).
  • Le RPR aligne deux prétendants aux présidentielles de 1995. L’UDF n’estime pas nécessaire de présenter un des siens et se range derrière E. Balladur. J. Chirac réaffirme sa suprématie en remportant l’élection. Un clivage apparaît : chiraquiens et balladuriens. Mais il doit tout aux circonstances.
  • Le RPR et l’UDF font ensemble la campagne législative de 1997, mais les triangulaires imposées par le FN provoquent la défaite. Renvoyée dans l’opposition, la droite doit se restructurer.

 

 

2. L’unification de fait par l’UMP

 

  • Le bon score du FN fait exploser l’UDF entre partisans d’une alliance (Démocratie libérale derrière A. Madelin) et défenseurs d’un isolement (derrière Bayrou). DL quitte l’UDF en 1998.
  • C’est la possibilité pour Chirac de construire pour le soutenir un parti plus large que le RPR. Sacrifiant celui-ci, il crée l’UMP entre les deux tours de la présidentielle de 2002, conglomérant toutes les formations de droite hormis une UDF exsangue et, bien sûr, le FN.
  • Au pouvoir sans discontinuer pendant dix ans, l’UMP s’affirme comme un soutien majeur pour le candidat comme pour l’occupant de la présidence – J. Chirac d’abord, N. Sarkozy ensuite. Les différents courants sont assujettis au soutien du chef, comme jadis les gaullistes godillots, alors que la ligne idéologique se droitise toujours plus.
  • Ce magistère est facilité par la centrisation de l’UDF, qui sort de l’orbite de la droite. Mais il est menacé par la tentative de dédiabolisation menée par M. Le Pen au sein du FN.

 

 

La Cinquième République correspond à une période historique de domination de la droite française, qui occupe les responsabilités du gouvernement pendant trente-sept ans sur cinquante-quatre. Cette prééminence est d’autant plus affirmée que les différentes familles idéologiques se trouvent réunies ou, plus exactement, que l’une d’elles s’impose clairement sur les autres. Le recentrage idéologique du Front national pourrait ainsi, en lui ouvrant le jeu politique, condamner la droite française à une cure d’opposition. (Possibilité d’ouvrir le sujet sur la nouvelle dénomination de l’UMP)

 

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