La Ve République en vidéo de 1974 à 1981

Histoire Ve république Giscard au revoir

Les élèves inscrits en prépa Sciences Po passent un temps considérable à réviser l’Histoire. Afin de les aider et de rendre plus facile leur travail, voici un recueil de vidéos courtes, expliquant des moments clés de la Ve République de 1974 à 1981.

 

1974: « Vous n’avez pas le monopole du coeur »

Valéry Giscard d’Estaing, homme politique du centre, se qualifie pour le second tour de l’élection présidentielle, en bénéficiant d’une division au sein du camp gaulliste. En effet, Jacques Chirac, accompagné de 42 députés, appellent à voter VGE, et s’opposent à la candidature de Jacques Chaban Delmas. Face à lui, François Mitterrand, à la tête du parti socialiste depuis le congrès d’Epinay de 1971, est le candidat unique de la gauche, suite au programme commun conclu en 1972 entre le PS, le PCF, et le MRG. Valery Giscard d’Estaing a préparé des semaines à l’avance ce qui fut le premier débat télévisé d’entre deux tours. Mitterrand de son côté n’a jamais été à l’aise devant une caméra. On ne se souvient généralement que de punchlines, ayant marqué l’affrontement. En 1974, VGE qualifia Mitterrand d' »homme du passé » (ministre de la IVe République et candidat perdant face au Général en 1965), et lui rappela qu’en qualité de candidat de la gauche il n’avait pas « le monopole du coeur ».

 

 

1976: la démission de Chirac, inédit dans la Ve République

Jacques Chirac ayant aidé VGE à devenir président, il se voit récompenser en récupérant Matignon. Mais il est immédiatement mis de côté par Giscard, plus proche de son ministre de l’intérieur Michel Poniatowski que de son Premier ministre. Marie-France Garaud et Pierre Juillet, mentor de Jacques Chirac, lui conseillent alors de ne plus supporter les humiliations répétées. Il annonce au président sa volonté de démissionner, lui précisant qu’il quitterait certainement la politique pour ouvrir un magasin d’antiquité. Sa démission est rendue publique, dans une vidéo enregistrée, dans laquelle le ton et les mots utilisés marquent par leur violence. Cette démission volontaire reste encore à ce jour unique dans l’histoire de la Ve République.

 

 

La fin du programme commun

François Mitterrand, depuis sa jeunesse, éprouve une profonde aversion à l’égard des communistes. Pour autant, il considérait, compte tenu du fonctionnement des institutions de la Ve République,  que la gauche ne pouvait pas gagner tant que le PCF était la principale force de gauche. Il avait donc conclu le programme commun dans l’objectif de récupérer les voix communistes. Or, lors des législatives de 1978, pour la première fois, le PS passe devant le PCF. Etant devenu la première force politique de l’opposition, le PCF déclinant, le programme commun n’a plus de sens et touche à sa fin. Georges Marchais, premier secrétaire du PCF, raconte « à sa manière » en 1980 dans une interview restée célèbre comment cela s’est terminé.

 

 

Raymond Barre, plus économiste que communicant

Suite à la démission de Jacques Chirac, VGE avait nommé Raymond Barre premier ministre, en le qualifiant de « meilleur économiste de France ». Si sa vision de la politique économique et financière à mener était claire, sa communication desservait parfois l’action du Gouvernement. Il qualifia ainsi deux victimes d’un attentat antisémite d’innocents…parce qu’ils n’étaient pas juifs. Le choix de Raymond Barre peut surprendre. Ce dernier n’a pas de poids politique, contrairement à son prédécesseur. c’est d’ailleurs pour cela et pour ses compétences qu’il est choisi. A l’instar de Pompidou, il représente le choix d’un Premier ministre qui ne doit sa nomination qu’au président de la République, monarque républicain.

 

 

Giscard et les diamants

Valéry Giscard d’Estaing est accusé par le canard enchaîné d’avoir reçu des diamants de l’empereur centrafricain Bokassa. La France avait financé son couronnement, s’inspirant de celui de Napoléon Ier. Les pierres précieuses auraient été une récompense, à une époque où la France exerce encore une forte influence sur le choix des dirigeants de ses anciennes colonies.  Cette affaire salit son image et pesa sur l’élection présidentielle de 1981. Sa défense fut balbutiante.

 

 

Chirac, meilleur allié de Mitterrand

En 1981, Jacques Chirac, leader du parti gaulliste RPR fondé en 1976, et maire de Paris depuis 1977, se présente à la présidentielle. S’il déclare, à la suite du premier tour, qu’il votera personnellement pour Valéry Giscard d’Estaing, son équipe encourage ses électeurs à voter Mitterrand. Effectivement, si Giscard est hors jeu, il devient le leader de la droite, et peut accéder à terme à l’Elysée. Après avoir aidé VGE à gagner en 1974, il l’aide à perdre.

 

 

Débat 1981, la revanche

En 1981, cette fois-ci, Mitterrand a préparé le débat. Il accuse Giscard de vouloir donner des leçons d’économie, alors que son bilan en la matière, les trente glorieuses terminées, semble critiquable. Mitterrand reprend également le président en lui rappelant que, si ce dernier l’avait qualifié d’homme du passé sept ans plus tôt, dans l’intervalle, Giscard est devenu celui du « passif ». Après avoir été l’un des principaux opposants à la Ve République, Mitterrand montre qu’il en a parfaitement compris la logique, et parvient à son tour à la présidence. La gauche reprend le pouvoir, et la Ve République montre une souplesse difficilement prévisible lors de son élaboration.

 

Voici une fiche de révision de la Ve République.