La Ve République en vidéo 1958-1974

Histoire Ve République

Les révisions de la Ve République nécessitent de bien en comprendre, non seulement la vie politique, mais aussi et surtout les logiques institutionnelles. Afin d’aider les candidats aux concours Sciences Po, voici une sélection de vidéos de 1958 à 1976.

 

La crise du 13 mai 1958

Un comité de salut public est créé par les militaires le 13 mai 1958 à Alger à la suite d’un coup d’Etat. Un ultimatum est fixé au 29 mai. Un débarquement à Paris est prévu. Les militaires souhaitent le retour aux affaires du général de Gaulle. Ce dernier organise une conférence de presse le 19 mai, précisant qu’il est prêt à prendre la tête de la République. Finalement, sans qu’un coup d’Etat se déroule, le président René Coty (notre Rais à nous) fait appel « au premier des Français », et le charge de donner à la France une nouvelle République.

 

 

« Je vous ai compris »

De Gaulle doit gérer d’urgence la question algérienne, qui a fait chuter la IVe République et l’a mené au pouvoir. En visite à Alger le 4 juin 1958, il déclare, sous les acclamations de la foule « Je vous ai compris »…sans préciser qui il a compris. Son objectif à ce moment là: gagner du temps. Si le Général s’est toujours fait une certaine idée de la France, il n’en demeure pas moins pragmatique sur la question coloniale.

 

 

De Gaulle présente la nouvelle constitution de la Ve République

Le jour anniversaire de la proclamation de la IIIe République, le 4 septembre, de Gaulle présente la nouvelle constitution. Fidèle au discours de Bayeux, elle est taillée sur mesure pour l’homme du 18 juin, et offre un pouvoir exécutif fort. L’ordre des chapitres, la subordination du gouvernement, l’article 16 (dictature à la romaine), l’article 11 (referendum), la possibilité de dissoudre l’Assemblée, le mode de scrutin des élections sénatoriales, et bien d’autres mécanismes, font du président de la République un monarque républicain. Dans une logique bonapartiste chère à la typologie des droites de René Rémond, de Gaulle tire la légitimité de sa fonction et de sa constitution de la volonté populaire, via un référendum.

 

 

Le référendum de 1962, une nouvelle République

Au début de la Ve République, le président était élu par un collège de grands électeurs. Suite à l’attentat du Petit-Clamart, de Gaulle juge nécessaire qu’il soit élu au suffrage universel. Effectivement, s’il dispose, à travers la seconde guerre mondiale, de la légitimité nécessaire, il faudra que son successeur tire la sienne de la volonté directe du peuple. Les opposants les plus farouches dénoncèrent la volonté d’établir un régime dictatorial. François Mitterrand parla de « coup d’Etat permanent« . Gaston Monnerville de forfaiture. L’Assemblée censura le gouvernement Pompidou, pour protester contre ce référendum. De Gaulle répondit dans un premier temps en dissolvant l’Assemblée. Le « oui » massif et la victoire écrasante des gaullistes au référendum renforcèrent son pouvoir. Depuis, malgré de nombreuses motions de censure, aucun gouvernement n’a été renversé.

 

L’élection présidentielle de 1965

Cette élection devait être une formalité pour le Général. Le PCF n’avait pas saisi l’intérêt majeur de l’élection et n’avait pas envoyé de candidat. La SFIO et son leader Guy Mollet, ayant participé au Gouvernement de 1958, ne se voyait pas affronter le Général. François Mitterrand, à la tête d’un petit parti (la Convention des Institutions Républicaines), se retrouve candidat unique de la gauche. Il a compris que les nouvelles institutions, à travers le scrutin majoritaire à deux tours de l’élection présidentielle, coupait la politique en deux camps. Et pour être élu, il fallait être à la tête de l’un des deux camps, et oser affronter directement le général de Gaulle. A la surprise générale, au terme d’une forte mobilisation de l’électorat, le président est mis en ballotage. Persuadé d’être élu au 1er tour, il ne fait pas campagne. Mais il ne réalise finalement « que » 44%. il envisagea alors de démissionner, considérant ce résultat comme un désaveu des Français. Il l’emporta finalement au 2e tour. Mais Mitterrand avait réussi son coup, avec 30% au 1er tour, et 45% au second.

 

 

Mai 1968

L’interdiction pour les garçons d’accéder au dortoir des filles à Nanterre est l’étincelle d’un mouvement national, d’abord étudiant, puis ouvrier. La crise universitaire tourne à l’émeute, la France s’ennuie, et sa jeunesse souhaite mettre la main au paquet. Le gouvernement Pompidou doit faire des concessions, d’abord aux étudiants, puis aux ouvriers à travers les accords de Grenelle. Le pouvoir en général, de Gaulle en particulier, cristallisent les critiques. Mendès France refuse de prendre les rennes du mouvement; Mitterrand se propose alors, et se ridiculise. Pour autant, le pouvoir semble fragilisé par la rue, et fin mai, personne ne sait où se trouve le président. Il est à Baden Baden, en compagnie du général Massu, qui lui assure l’intervention de l’armée si nécessaire. De gaulle répond sèchement, par une allocution à la radio, rappelant aux Français qui est Raoul et ce qu’il fit en 1940. Non seulement il ne se retire pas, mais il dissout l’Assemblée. Les élections législatives qui suivent sont un raz de marée gaulliste. Mai 68 ne fut pas une révolution politique, mais entraîna de profonds bouleversements sociaux.

 

 

Référendum 1969: le chant du départ

De Gaulle propose par référendum une réforme des institutions, notamment du Sénat, en 1969. Sa légitimité s’essouffle, au sein de la population et de la classe politique. La gauche se mobilise pour le non, une partie de la droite la rejoint. De Gaulle, fidèle à sa lecture des institutions, démissionne le lendemain des résultats. Pompidou lui succède comme président. La Ve République survit donc à son fondateur.

 

Le congrès d’Epinay

Lors du congrès d’Epinay, avec le soutien de Defferre (PS Bouches du Rhône), Mauroy (PS Nord), et de Chevènement (CERES), François Mitterrand (CIR) prend le contrôle du PS (fondé en 1969, après que la SFIO soit tombée à 5% lors de la présidentielle de 1969), alors qu’il n’en était pas membre le matin même. Il en fit progressivement durant les années 1970 la première force de gauche et d’opposition.

Le programme commun

Afin de conquérir le pouvoir, les communistes, les socialistes et les radicaux, signent en 1972 un programme commun. Ils s’engagent notamment, pour chaque élection, soit de ne présenter qu’un seul candidat, soit que les autres se retirent au profit du mieux placé pour gagner. On trouve dans ce programme les bases des mesures prises par Mitterrand en 1981.

 

La démission de Chaban Delmas

Jacques Chaban Delmas propose un programme nommé « la nouvelle société ». Porté par la croissance, il propose un programme novateur, et devient plus populaire que Pompidou. Sa volonté de se démarquer de l’Elysée agace le président. Il le renvoie donc en 1972, le remplaçant par Messmer, si dévoué qu’il en devient servile.

 

Mort de Pompidou

Pompidou s’éteint après une crise de septicémie. Il a assuré la transition de la Ve République, ayant survécu à son fondateur.

 

Pour vous aider, voici la suite, la Ve République de 1974 à 1981.

Voici une fiche de révisions de la Ve République.

Voici un sujet corrigé sur la Ve République.

Voici des vidéos plus longues, mais très éclairantes sur la période.