La Ve République en vidéo 1981-1995

Mitterrand Ve république

Le programme du concours commun des IEP de province nécessite des connaissances précises des institutions et de la vie politique française sous la Ve République. Pour vous aider dans vos révisions, voici une sélection de vidéos sur les deux mandats mitterrandiens.

 

1981: élection de François Mitterrand, la Ve République bascule à gauche

Mitterrand est élu président de la République avec plus de 51,7% des voix. Sa victoire suscite de nombreux espoirs. La gauche, à l’écart du pouvoir depuis l’avènement de la Ve République, applique dans les mois qui suivent son élections les idées principales des 110 propositions du candidat Mitterrand, largement inspirées du programme commun. La France s’engage à contre courant dans une politique de relance (augmentation du SMIC, ISF, nationalisation de 39 banques et 5 groupes industriels, baisse du temps de travail à 39h, remboursement de l’IVG, 5e semaine de congés payés…). Ce changement de majorité se traduit également par des mesures de libéralisation, telles que les radios libres, ou l’abolition de la peine de mort. La nuit du 10 mai est une nuit de fête et d’espoir pour le peuple de gauche. 4 ministres communistes intègrent le Gouvernement. Michel Debré annonce le soir des résultats que d’ici quelques jours, les chars soviétiques envahiront la place de l’Etoile.

 

 

1983: l’ouverture d’une parenthèse dans les réformes, la gauche bascule à droite

La France avait adopté une politique de relance, alors que les Allemands, les Britanniques et les Américains menaient une politique de rigueur. Dans un contexte de mondialisation de l’économie, cela se traduit par une forte inflation, une augmentation des importations et du chômage, et une baisse des exportations. Le Gouvernement se voit obligé de mettre une pause dans sa politique de réforme, dès le deuxième semestre 1982. Le président et le Premier ministre annoncent alors ouvrir une parenthèse…qui ne s’est jamais refermée.

 

1984: la loi Savary, ou le retour de la question scolaire

Le Gouvernement propose à travers le plan SPULEN, autre ment appelé projet de loi Savary, du nom du ministre de l’éducation nationale, une réforme de l’enseignement privé sous contrat. Plus d’un million de français sont dans la rue. Le projet de loi doit être retiré. Cet échec provoqua dans un premier temps le départ d’Alain Savary rue de Grenelle, puis la démission de Pierre Mauroy, remplacé par Laurent Fabius à Matignon.

 

1986: La 1ere cohabitation.

Malgré l’instauration d’un scrutin à la proportionnelle pour limiter l’échec annoncé lors des élections législatives, la droite redevient majoritaire à l’Assemblée. L’extrême droite entre également à l’Assemblée. Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, et contrairement à l’esprit de ses créateurs, François Mitterrand ne démissionne pas de ses fonctions, et nomme le chef de la nouvelle majorité, Jacques Chirac, Premier ministre. Ce fut finalement pour le président une aubaine en vue de sa réélection. Il put user Jacques Chirac, en première ligne, et se positionner au dessus de la mêlée, garant des institutions. Mitterrand, en fin connaisseur des institutions de la Ve République, conserve son domaine réservé en intervenant sur le choix des ministres des affaires étrangères et de la défense.

 

 

1988: Le président de la République a usé son Premier ministre

Mitterrand a pu pendant deux ans user son Premier ministre. Il lui impose, jusqu’au débat d’entre deux tours, un dialogue dans l’escalier, se tenant constamment sur la marche la plus haute. Il l’emporte au 2e tour avec plus de 54% des voix.

 

 

1991: le départ de l’ennemi intime

En 1988, Mitterrand nomme Rocard, son ennemi intime, à Matignon. Il disait de lui: « Il sait nous, mais ne comprend rien ». Or, Rocard est populaire, et marque son passage à Matignon par la création de la CSG, du RMI, et par la gestion de la crise néo calédonienne. Mitterrand finit, à la surprise des Français et du principal intéressé, par le renvoyer, en 1991.

 

Cresson – Bérégovoy: la gauche enterrée

Edith Cresson succède à Michel Rocard. Elle est pour un François Mitterrand soucieux de marquer l’histoire la première femme à devenir premier ministre. Son manque d’expérience, la crise économique, ses maladresses, ainsi que les coups bas venant aussi bien de l’opposition que de son propre camps, obligent le président à la remplacer après seulement dix mois. Pierre Bérégovoy, qui attendait son tour depuis 1988, accède à Matignon en 1992. Il doit préparer les législatives de 1993, qui se concluent par un échec cuisant pour la gauche. Accusé de surcroît par les médias d’avoir touché une somme d’argent d’un ami de Mitterrand inculpé dans l’affaire Pechiney, Pierre bérégovoy se suicide le 1er mai, peu après la défaite législative. Mitterrand accuse sévèrement, des sanglots dans la voix, les journalistes lors de son enterrement.

 

 

Maastricht: le défi d’une génération

Mitterrand considère la construction européenne comme le défi de sa génération. La France ne peut selon lui affirmer sa puissance qu’à travers la construction européenne. L’entente fraternelle qu’il noue avec Helmut Kohl, chancelier allemand, est une aubaine. il considère qu’il faut en faire le plus possible, tant que Kohl est là. Il propose donc, dans une logique gaullienne, de soumettre le traité sur l’Union Européenne, à la volonté populaire, via un référendum. Ce dernier est gagné de justesse, Mitterrand profitant de la division de la droite sur la question, et du ralliement de Jacques Chirac à la cause européenne, entraîné par Edouard Balladur et Alain Juppé, contre le courant souverainste représenté par Charles Pasqua et Philippe Seguin.

 

 

1993-1995: une nouvelle cohabitation

La 2e cohabitation ressemble peu au départ à la première. Jacques Chirac ne souhaite pas retourner à Matignon, tirant les leçons du passé. Le partage des tâches est simple: Edouard Balladur devient Premier ministre, mais Jacques Chirac sera le candidat gaulliste en 1995. Mitterrand, malade et en fin de mandat, n’a pas pour ambition de se représenter. Edouard Balladur ne représente donc pas une menace comme pouvait l’être Jacques Chirac sept ans plus tôt. Pour autant, le pouvoir ne se partage pas, et progressivement, Mitterrand savonne la planche d’un Balladur qui se découvre des ambitions présidentielles. Lionel Jospin se gardant un droit d’inventaire sur le bilan mitterrandien, le président confie à Jacques Chirac son principal conseiller en communication, Jacques Pilhan. Alors que Jacques Chirac est au plus bas dans les sondages en décembre, et Edouard Balladur donné grand favori, la tendance s’inverse peu à peu au profit du maire de paris.

 

 

 

 

Voici quelques vidéos plus longues et complémentaires:

 

 

 

La Ve République en vidéo de 1958 à 1974

La Ve République en vidéo de 1974 à 1981