Corrigé Questions contemporaines sécurité concours commun 2017

sécurité

Le sujet sur la sécurité, tout comme celui sur la mémoire, n’a pas forcément surpris les candidats. Eminemment d’actualité, ce thème fournissait de nombreux exemples. Mais un exemple n’est qu’un exemple illustrant une idée et une référence.

Voici un exemple de corrigé, réalisé par notre professeur grégory Bozonnet.

LE RISQUE ZÉRO EST IL POSSIBLE?

 

 

ACCROCHE: « La tâche à laquelle nous devons nous atteler, ce n’est pas de parvenir à la sécurité, c’est d’arriver à tolérer l’insécurité. »

 

Erich FROMM dans Anatomie de l’agressivité humaine (1975)

 

PROBLÉMATIQUE: En quoi face au développement des différentes formes d’insécurité convient-il aujourd’hui de rompre avec le mythe du risque zéro ?

 

 

I. L’Etat a pour mission première d’assurer la sécurité des individus, de réduire les risques, il a dû s’adapter pour répondre aux nouvelles demandes de sécurité en tendre vers le risque zéro souhaité par les individus.

A. L’Etat est né d’une volonté des individus de réduire les risques pour vivre en sécurité, c’est dans sa nature intrinsèque

 

Idée 1 : Les individus ont des désirs différents qui les amènent à s’affronter, pourtant ils convergent vers un souhait en commun, vivre en sécurité, réduire les risques qui menacent leur vie, c’est la thèse de Hobbes dans Le Léviathan.

 

Idée 2 : Ce désir de sécurité s’étend sans cesse. Plus l’individu acquière de la sécurité, plus il en exige. Ainsi, dans un contexte de fragilisation de l’individu décrite par Alexis de Tocqueville dans De la démocratie en Amérique, les individus aspirent à plus de sécurité, à une sécurité sociale. Cette évolution vers une nouvelle forme de sécurité est décrite par Robert Castel dans Les métamorphoses de la question sociale.

 

B. Face à l’avènement de nouveaux risques, l’Etat a dû s’adapter pour socialiser toujours plus de risques et tendre vers le risque zéro

 

Idée 3 : La société fait face à une montée de l’insécurité liée à la montée de nouvelles menaces. En effet, comme le souligne U.BECK dans La société du risque, nos sociétés contemporaines sont des manufactures à risques (nucléaires, épidémies, exclusion sociale,…).

 

Idée 4 : Dans ce contexte nait de nouvelles demandes de sécurité notamment soulignées dans l’ouvrage de Hugues Lagrange  (Nouvelles demandes de sécurité). Les individus veulent être protégés contre tous ces risques qui se développent et se diversifient.

 

 

II. L’Etat ne parvient pourtant pas à assurer ce risque zéro et doit aujourd’hui rappeler qu’il s’agit d’un idéal impossible à atteindre

 

A. De la montée de l’insécurité à celle du terrorisme, un risque en chassant un autre, il devient impossible de garantir le risque zéro.

 

Idée 5 : De nouvelles menaces apparaissent continuellement comme le montre Bauer et Soullez. En effet, dans les politiques publiques de sécurité, il montre comme l’Etat a dû répondre à de nouvelles attentes de luttes contre les incivilités et la délinquance. Dans cet ouvrage datant de 2011, ils n’évoquent pas la question du terrorisme. Cette question fait pourtant aujourd’hui appel à de nouvelles demandes de protection comme les deux auteurs le soulignent dans Terrorismes.

 

 

Idée 6 : L’Etat ne peut donc pas garantir la sécurité totale, il ne peut garantir le risque zéro notamment car ces nouvelles demandes s’inscrivent dans un contexte de crise de l’Etat providence comme le soulignait dès le début des années 80, Pierre ROSANVALLON dans son ouvrage La crise de l’Etat providence.

 

B. Il faut donc en finir avec le mythe de zéro dans une société qui agit comme une manufacture à risques…

 

Idée 7 : L’Etat doit admettre et faire admettre qu’il ne peut garantir le risque zéro, c’est la thèse de Xavier Guilhou et Patrick Lagadec dans leur ouvrage La fin du risque zéro publié un an après les attentats du 11 septembre 2001.

 

Idée 8 : Pour favoriser l’acceptation d’une certaine part de risque, des auteurs comme Callon, Lascoumes et Barthes dans  Agir dans un monde incertain nous invite à mettre en place une démocratie dialogique où citoyens, experts et élus discutent pour savoir quels risques tolérer et dans quelle mesure. Ils ont notamment travaillé sur la question des risques nucléaires.

 

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