Autre proposition de corrigé sur la sécurité questions contemporaines

questions contemporaines sécurité

Voici une autre proposition de corrigé pour le sujet de question contemporaines sur le thème de la sécurité. Il a été réalisé par notre professeur, lui même ancien élève de la prépa Sciences Po, Jean-Victor Roux. Volontairement, vous vous apercevrez que celui-ci est complémentaire du précédent, avec des références différentes. Pour autant, vous vous apercevrez que certaines semblent incontournables, tout comme le plan 2 parties 2 sous parties, propre à la matière telle qu’elle est enseignée à Sciences Po.

Le risque zéro est-il possible ?

 

Problématique : l’extension continue du domaine de la sécurité au nom de réduire les risques constitue-t-elle un nouveau danger ?

 

 

I/Evolutive et tributaire de la perception d’une société donnée, la notion de risque fait traditionnellement l’objet d’une prise en charge sociale afin d’en atténuer les effets

 

 

A-Le risque, une notion polymorphe au cœur de la constitution d’une puissance collective

 

-dans le cadre de la société française par exemple, le risque est une donnée variable dans l’histoire et dans le temps (F. Gros, Le principe sécurité)

 

-des risques primaires, qui portent sur l’existence même d’un individu autonome (sûreté), à ceux liés à sa subsistance économique et sociale, le risque est au cœur des différents types de contrat social (par exemple Rousseau, Du contrat social, et la souveraineté individuelle inaliénable).


 

 

B-Dans ce cadre, l’Etat-providence, prenant en charge jusqu’aux risques sociaux, constitue une réponse nécessaire mais limitée

-la mise en place de l’Etat-providence, conséquence du bouleversement des solidarités décrit par Durkheim (De la division du travail social), permet d’assurer un socle de protection contre des risques identifiés (famille, vieillesse, maladie, accidents du travail lors de la mise en place de la sécurité sociale)

 

-la prise en charge du risque ne vaut cependant pas sa disparition, comme en témoigne l’inefficacité relative des systèmes de sécurité sociale (Crise de l’Etat-providence diagnostiquée par Pierre Rosanvallon dès 1981).


 

 

II/L’omniprésence du risque, caractéristique de la société post-moderne, peut conduire à un hubris sécuritaire menaçant les libertés individuelles

 

A-L’avènement du risque comme fait social majeur interroge sur la possibilité d’une société sans risque

-Le second XXème siècle, et singulièrement les années 1980 se caractérisent par une société devenue « manufacture du risque » (Ulrick Beck, La société du risque) avec une internationalisation de risques existentiels (climatiques, technologiques) échappant à la juridiction des Etats

 

-De là nait une volonté de faire de l’éradication du risque l’enjeu fondamental, à l’image de Jonas dans Le principe sécurité. Cela amène certaines évolutions politiques comme le principe de précaution, critiquable par certains aspects (L’inquiétant principe de précaution Bronner et Géhin).


 

 

B-Les dangers d’une « frénésie sécuritaire » (Mucchielli) incapable d’éradiquer le risque

-Multiplication des lois et dispositifs d’exception notamment dans le contexte de la menace terroriste (état d’urgence depuis le 20 novembre 2015). Crainte d’une normalisation de l’état d’exception au détriment des libertés individuelles, sans qu’un risque durable comme le terrorisme puisse être éradiqué (Raisonner la raison d’Etat, Mireille Delmas-Marty).

 

-L’inacceptabilité croissante du risque combinée à une rationalisation croissante du monde et ses bouleversements technologiques (Giddens, Les conséquences de la modernité) fait craindre un enserrement des individus dans un carcan auto-disciplinaire tel que défini par Michel Foucault.

 

Se rapprocherait on de la société de Judge Dredd (non non, ce n’est pas une ouverture)?

 

 

Voici l’autre proposition de corrigé sur le même sujet.

Vous trouverez sur ce lien les corrigés de tous les derniers sujets, dans les différentes matières du concours commun des IEP.