Les relations sino américaines – sujet d’histoire

relations sino américaines

Le programme du concours commun d’admission en première année des IEP (Instituts d’Etudes Politiques) rappelle l’importance des « Etats-Unis et de la Chine dans leurs rapports avec le monde depuis 1945 ». Forcément, le programme du concours d’entrée nous invite à réfléchir autour d’un sujet sur les relations sino américaines. Il peut être traité au choix depuis 1945, 1949, ou 1971. Il peut s’arrêter à la fin de la guerre froide, ou courir jusqu’à nos jours. Selon l’intitulé du sujet, à vous de vous adapter. Vous devez bien en définir les termes, et préciser par exemple qu’il s’agit de la Chine continentale.

 

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Voici un plan détaillé proposé en guise de correction à ce sujet d’histoire typiquement Sciences Po, essayant d’appliquer la méthodologie et la réflexion demandées.

 

LES RELATIONS SINO AMÉRICAINES DEPUIS 1949

 

Accroche : Lors de son arrivée au pouvoir en 2013, Xi voulut étouffer « le malentendu et le soupçon ». Sa présidence devait marquer une nouvelle ère des relations sino américaines, précisant que leurs intérêts communs constituaient « un fleuve irrépressible qui ne cesse pas de déferler. »

 

Bornage:

– 1949 (prise de pouvoir de Mao, et victoire du PCC sur les nationalistes)

– COP 21 (la signature de la Chine et des Etats Unis devenant indispensable, soulignant l’importance majeure des relations sino américaines).

 

Définition:

  • Etats Unis
  • Etablir la différence entre Taïwan et la Chine continentale.

 

Problématique : Malgré la non reconnaissance de la RPC en 1949 par Washington, comment les Etats Unis et la Chine ont pu développer et renforcer progressivement leurs relations, malgré une forte opposition idéologique ?

 

 

I.              DE 1949 À 1971, UNE RUPTURE DES RELATIONS SINO AMÉRICAINES ET UN AFFRONTEMENT INDIRECT DANS UN CONTEXTE DE GUERRE FROIDE

 

A.  LA RUPTURE DES RELATIONS SINO AMÉRICAINES DANS UNE LOGIQUE DES BLOCS

 

  • Les EU soutiennent les nationalistes, réfugiés à Taïwan
  • Non reconnaissance de la République populaire de Chine, transfert du siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU au profit de Taïwan
  • Les EU soutiennent également le Japon et la Corée du Sud, et s’opposent ainsi aux intérêts de la Chine continentale
  • La RPC aligne sa politique sur celle de Moscou
  • Suite au bombardement du détroit de Taïwan par la RPC, Eisenhaower menace Pekin d’un bombardement atomique. Ceci provoque en avril 1955 le retrait des troupes chinoises.

 

 

B.  LA CONFRONTATION DIRECTE ET INDIRECTE, MALGRÉ LE RAFRAÎCHISSEMENT DES RELATIONS SINO SOVIÉTIQUES

  • La guerre de Corée offre une confrontation directe. L’armée populaire de Chine s’y oppose à l’armée Onusienne, interventionniste suite à la résolution 82. Elle y inflige à la 8e armée américaine la plus longue retraite de l’histoire militaire des Etats Unis.
  • Le PCC soutient matériellement et techniquement l’armée vietnamienne. Elle fournit des armes et aide à la reconstruction suite aux bombardements américains
  • Plus de 300 000 soldats chinois combattirent au Vietnam entre 1065 et 1970.
  • Pékin s’éloigne de Moscou et souhaite suivre sa propre voie. Elle devient alors une force nucléaire. Le 25 octobre 1964, sa première bombe atomique explose, au moment du conflit vietnamien.
  • Le conflit sino indien marque la rupture des relations sino soviétiques. Moscou devient dès lors la principale menace nucléaire pour Pékin. Affaiblir l’URSS et s’affirmer poussa progressivement la Chine à se rapprocher de Washington.

 

II.            À PARTIR DE 1971, UN RAPPROCHEMENT DIPLOMATIQUE D’ABORD DICTÉ PAR UNE OPPOSITION AVEC L’URSS, PUIS PAR DES RAISONS ÉCONOMIQUES

 

A.  UNE REPRISE DES RELATIONS SINO AMÉRICAINES DICTÉE PAR UN ENNEMI COMMUN

 

 

  • La diplomatie du ping pong: reprise des relations sino américaines
  • La RPC récupère le siège au conseil de sécurité de l’ONU
  • La visite de Nixon en février 1972, première étape vers la reconnaissance de la RPC via le communiqué de Shangaï.
  • Entre 1972 et 1973, les relations commerciales reprennent.
  • Ford et Carter suivent la même logique. La reprise officielle des relations diplomatiques est actée le 1er janvier 1979.

 

B.  LE DÉVELOPPEMENT DES RELATIONS ECONOMIQUES, MALGRÉ DES TENSIONS POLITIQUES

  • Les 4 modernisations permettent l’ouverture du marché chinois.
  • Les événements de la place Tien an Men le 4 juin 1989 provoquent temporairement le gel des relations et l’arrêt des ventes militaires à la Chine
  • La prolifération nucléaire et la question des droits de l’homme restent encore aujourd’hui un sujet de tensions entre les deux pays. Chacun s’accusant mutuellement régulièrement de régulièrement violer les droits de l’Homme. Mais les échanges commerciaux, de plus en plus nombreux, prédominent
  • En mai 1999, l’OTAN bombarde accidentellement l’ambassade chinoise à Belgrade, et présente ses excuses. Un accord de compensation des familles des victimes est signé en octobre 1999.
  • Les attentats du 11 septembre 2001 changent radicalement les relations entre les deux pays. La Chine soutient la politique de W Bush et s’engage, au sein de l’ONU, dans la lutte contre le terrorisme. La Chine n’est plus considérée comme l’ennemi, les Etats Unis souhaitent éviter les problèmes en Asie Orientale et se concentrer sur le Moyen Orient.

III.          UNE INTERDÉPENDANCE ÉCONOMIQUE CROISSANTE FAVORISANT LE DIALOGUE, MALGRÉ UNE CRAINTE MUTUELLE

 

A.  DES RELATIONS DE PLUS EN PLUS ÉTROITES

 

  • Hu Jintao félicite Obama pour sa victoire. Ce dernier considère que le pivot du monde se trouve désormais dans les relations sino américaines.
  • Obama se rend en Chine en février 2009 pour discuter des coopérations économiques et de lutte contre le réchauffement climatique, alors que la Chine est devenue dans un contexte de crise le banquier du monde. Les accords se sont depuis multipliés.
  • Xi, dès son arrivée en 2013, manifeste sa volonté d’intensifier les relations avec Washington, soulignant l’interdépendance entre les deux puissances.
  • La coopération autour des questions environnementales constitue peut être pour la planète le point fondamental à l’avenir des relations sino américaines. à COP 21

 

 

B.  UNE CRAINTE MUTUELLE ET CROISSANTE, AU FIL DE L’ÉMERGENCE DE LA PUISSANCE CHINOISE

 

 

  • Malgré tout, la rencontre entre Obama et le Dalaï Lama en 2010 rappelle que la question tibétaine demeure une source de tensions dans les relations sino américaines
  • Les Etats Unis craignent toutefois le développement chinois, et n’hésitent pas à augmenter leurs dépenses militaires, afin d’endiguer le développement de l’influence chinoise en Asie.
  • La Chine, créancière des Etats Unis, critique désormais le déficit et la politique budgétaire américains.
  • La divergence autour de leur devise demeure importante; chacun accusant l’autre d’avoir mal évalué sa propre devise. Des experts reconnaissent la sous évaluation du renminbi.
  • En mars 2011, les Etats Unis, le Japon et l’UE déposent une « demande de consultations » avec la Chine auprès de l’OMC sur ses restrictions d’exporter des produits provenant de ses terres rares. Pour les Etats Unis et ses alliés, les quotas chinois d’exportation vont à l’encontre des règles commerciales internationales, et forcent les sociétés à déménager en Chine.

 

 

Ouverture :

Internet constitue un nouveau terrain d’affrontement. Le sommet entre les États-Unis et la Chine qui s’est tenu à Washington le 25 septembre 2015 a permis de signer des accords pour qu’aucun des deux gouvernements ne supporte ou ne conduise d’espionnage informatique.

 

 

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