L’expansion du communisme dans le monde (1945-1979), sujet 2018

expansion du communisme

Le sujet d’histoire du concours commun d’entrée en 1ere année des IEP en 2018 portait sur l’expansion du communisme dans le monde de 1945 à 1979. Compte tenu des réactions sur les réseaux sociaux, il semble avoir refroidi pas mal de candidats, sortant relativement tôt des amphithéâtres

https://twitter.com/romaneguyon/status/1000371408424357888

La Chine était attendue, comme chaque année. Et comme chaque année, elle n’est pas tombée, bien que le sujet méritait de la maîtriser.

 

 

Cela change de celui de l’an dernier. On peut y voir le retour de vrais sujets, comme le concours nous y avait habitués.  Il nécessitait effectivement de solides connaissances. A minima, une bonne définition des termes du sujet invitait à:

  • établir qu’il existe différents communismes
  • ces communismes sont parfois en conflit
  • ne pas se limiter au communisme au pouvoir, mais souligner également le succès de partis communistes au sein du bloc de l’Ouest

Il fallait bien expliquer le bornage proposé pour le sujet, et définir le communisme.

 

Voici une proposition de corrigé. Un plan chronologique était possible, avec par exemple un découpage à la mort de Staline, et un autre en 1968. Nous avons choisi de vous proposer celui-ci, pour le travail de définition établi en 1ere partie, car on le trouvera très rarement dans les copies. Or, lors d’un concours, le meilleur moyen de se démarquer est souvent de proposer une accroche et un plan auquel les autres ne penseront pas forcément.

 

Introduction:

« Personne ne sait ce que la Russie soviétique et son organisation communiste internationale ont l’intention de faire dans l’avenir immédiat, ni où sont les limites de leurs tendances expansionnistes et de leur prosélytisme. » Dans son célèbre discours de Fulton du 5 mars 1946, Winston Churchill expose sa crainte d’une domination communiste à l’issue de la seconde guerre mondiale.

Ce label renvoie en fait à des réalités diverses et hétérogènes. Il concerne une idéologie, ou plutôt un fonds commun idéologique – la socialisation des moyens de production – souvent métissé et retravaillé. Mais le terme de communisme désigne aussi les régimes politiques qui se sont réclamés de cette idéologie. L’URSS, grand vainqueur en 1945, libère une partie de l’Europe et se positionne rapidement, dans un contexte de guerre froide, comme un leader et un modèle. Son intervention en Afghanistan en 1979 est souvent considérée comme un marqueur de sa puissance, à la fin d’une décennie qui lui est favorable. Pourtant, tout au long de la période, différents mouvements, se réclamant aussi du communisme, affichent ses divergences idéologiques avec Moscou. Parallèlement, la même année, Tito s’oppose à Fidel Castro lors de la conférence de la Havane.

Comment comprendre alors sur cette période l’influence et l’expansion des communismes, et doit on trouver dans leurs succès des indices d’un rapide déclin?

Pour ce faire, on soulignera d’abord la force de l’idéologie, avant d’explorer la diversité des communismes « réels ». Enfin, on analysera leurs failles, parfois synonymes d’un succès en trompe l’oeil.

 

1. La force d’une idéologie

A. Une idéologie de transformation sociale puissante et adaptable

  1. Une idée centrale : la collectivisation des moyens de production
  2. Des traductions multiples : dans les pays développés et les pays en voie de développement ; selon les cultures locales ; entre étatisme et auto-gestion.

B. L’inégal succès des partis communistes

  1. A l’Ouest, un succès circonscrit aux pays latins
  2. A l’Est, des partis monopolistiques
  3. Au Sud, le vecteur du nationalisme progressiste d’inspiration occidentale

 

II. Un communisme, des communismes ?

A. Les mondes soviétiques

  1. L’URSS ou la patrie du « socialisme réel »
  2. Unification et diversité des communismes au sein du bloc soviétique

B. Communisme et tiers-mondisme

  1. La Chine et le maoïsme
  2. Cuba et le modèle latino-américain de communisme
  3. L’influence communiste en Afrique

III. Divergences et puissance en trompe l’oeil ?

A. Une puissance soviétique en trompe l’oeil

  1. Nomenklatura et gérontocratie
  2. Un effritement interne : Soljenitsine et Sakharov
  3. Un effritement du bloc : Gomulka et Nagy

 

B. Des distances avec le marxisme léninisme

  1. L’ouverture au socialisme de marché en Chine
  2. L’eurocommunisme
  3. Les guerres d’Indochine

 

Ouverture :

 

Si la politique des bons sentiments de Carter souligne en 1979 un fléchissement de l’Ouest face à un bloc de l’Est puissant, ne renvoie-t-il pas le modèle communiste face à ses propres limites. La guerre afghane en étant le témoin.

 

Bon, a priori, ce plan a plu à quelques uns 😉